Archive de la catégorie ‘Les Films d’Animation’

Les Méchants dans les Films d’Animation

Mercredi 3 octobre 2007

Article 1/6 du Dossier de Octobre 2007  

 

 INTRODUCTION

Les Méchants
Album : Les Méchants
Petit tour d'horizon (non exhaustif) des méchants dans les films d'animation.
19 images
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Ursulla, Jaffar, Cruella, Frollo, Sid, Hadès, le Prince Jean, le Capitaine Crochet, Marraine la Bonne Fée, Scar, et tant d’autres encore… Ils nuisent au bonheur de nos héros préférés. Leur seul et unique but, dans la vie, est de les détruire, de leur faire du mal, de les anéantir… Ce sont les MECHANTS!!!

Les premiers films d’animation, comme Blanche-Neige ou la Belle au Bois Dormant, ne faisaient apparaître le « Méchant » que deux ou trois fois ; aujourd’hui, il est intéressant de remarquer que le méchant apparaît presqu’aussi souvent  que le gentil : le rôle de méchant a été forcé d’évoluer, poussé par le succès rencontré auprès de son public !

En effet, bien souvent, ce sont eux les plus drôles, ce sont eux qui nous font tordre de rire et c’est par eux que les meilleurs gags arrivent.

Il faut bien l’avouer : Les méchants, dans les films d’animation, sont aussi nécessaires que les héros : sans eux, pas d’histoire, pas de problème… pas de film !! Mais ce que nous apprécions par-dessus tout, c’est qu’aucun « vrai » film d’animation n’aie encore dérrogé à cette règle exquise : ce sont toujours les gentils qui gagnent !!!

Voici comment ce dossier du mois est organisé :

- Le comique, fonction essentielle du Méchant : le comique est le principal ressort de ces personnages.

- Les 3 types de Méchants (les vrais méchants, les méchants cupides et les Méchants par Bêtise).

- Le physique des méchants

- Portrait des trois méchants que vous préférez (suite au sondage réalisé dernièrement)

- Les seconds Rôles de Méchants.

Bonne lecture à vous et n’oubliez pas de laisser vos commentaires !

 

Petit axe de réfléxion : A votre avis, les « méchants » sont-ils toujours des méchants ?

Le comique chez les Méchants d’animation

Mercredi 3 octobre 2007

Article 2/6 du Dossier de Octobre 2007  

MECHANTS ET MALADROITS

Ce sont eux qui font l’intrigue et chacune de leurs apparitions est un moment de détente pour le spectateur : l’arrivée d’un méchant, dans les films d’animation est, bien souvent pour nous, l’occasion de passer un moment particulièrement drôle. Tout peut arriver quand le méchant entre en scène : crises de colère ridicules, gags à gogo, situations délicates, maladresses… autant de bons moments qui nous font parfois oublier que ce sont eux les méchants !!! 

 

  • Hadès, dans Hercule enchaîne échecs sur échecs, ce qui le met dans des colères très drôles ; son cynisme naturel, ses jeux de mot ridicules font notre plus grand bonheur !

  • Voyez Gaston qui finit malencontreusement dans la boue pendant que ses « amis » sonnent la fanfare de son mariage échoué.

  • Quant au Capitaine Crochet, il ne cesse de se lamenter, lui le grand méchant a peur du « crocodile »

  • Revoyez cette scène ou le Prince Jean suce son « royal » pouce en appelant « Maman »

Ce sont ici les signes de régression qui font rire et qui sont en décalage total avec l’ambition des personnages. De vrais délices de gourmet !

 

Je vous laisse visionner cette superbe vidéo qui met en scène les plus grands méchants.

ATTENTION : montez le son !!

Image de prévisualisation YouTube

Les TYPES de méchants d’animation

Mercredi 3 octobre 2007

Article 3/6 du Dossier de Octobre 2007  

Les méchants sont bien à l’opposé de nos héros ! Il faut se rappeller que dans la plupart des films d’animation, le BIEN (représenté par le héro) et le MAL (représenté par le méchant), sont absolument séparés : le héro est un personnage parfait et lisse , il a peu de défaut, il est de préférence beau et l’aventure qu’il vit le conduit à un bonheur parfait. Il n’a aucun ressentiment vis à vis du « méchant » de l’histoire qui cherche pourtant par tous les moyens à le détruire.

Les « méchants » occupent donc un rôle central dans les films d’animation : Qu’ils soient pétris de haine ou simplement stupides, ce sont les motivations de ces méchants qui font avancer l’intrigue et qui la font rebondir. Nous pouvons classer ces « méchants » selon 3 catégories :

 

Les Méchants-destructeurs

(Frollo, Sid, La Reine…)

frollo1.jpg Leur méchanceté n’a pas d’explication et leurs motivations restent futiles. La psychologie de ces personnages est relativement pauvre, leurs motivations restent floues.

  • La Reine ne s’en prend à Blanche-Neige que parce que cette dernière est plus belle qu’elle

  • Frollo (Le Bossu de Notre-Dame), lui,  n’a pas non plus de raison d’être méchant, si ce n’est le plaisir de détruire un peuple

  • Maléfique (La Belle au Bois Dormant) semble n’être portée par aucune raison valable pour s’en prendre à la petite Aurore

  • Sid (Toy Story) est un petit garçon méchant… un point c’est tout !  

Ceux-là n’ont pas de réelle raison de s’en prendre au héro. En règle générale, ces méchants sont les plus violents ; leurs méthodes sont expéditives ; ils sont incapables d’humanité et véhiculent un sentiment de haine féroce incompréhensible pour le téléspectateur. Il n’y a aucune explication à leur méchanceté. Ce type de méchant est l’un des plus anciens et est très proche des méchants rencontrés dans les contes de fées. Ils véhiculent l’idée que la méchanceté est purement gratuite et qu’elle constitue à elle seule un non-sens : de quoi dissuader nos petites têtes blondes d’être eux-mêmes méchants…

Les Méchants-cupides

(Cruella, Edgar, Hadès…)

Les TYPES de méchants d'animation dans Les Films d'Animation Dalmatiens0003Les méchants cupides ont un but, un objectif. Ils ne sont pas méchants par haine mais parce qu’ils pensent que c’est le meilleur moyen pour eux de réaliser leurs machiaveliques projets : 

  • Cruella dans Les 101 Dalmatiens veut un manteau de fourrure,

  • Edgar dans Les Aristochats veut hériter de la fortune de sa maîtresse, 

  • Jafar dans Aladdin voudrait être Sultan à la place du Sultan,

  • Skar dans Le Roi Lion veut devenir roi de la jungle ,

  • Hades dans Hercule veut devenir le dieu des dieux,

  • Mc Leach (Bernard et Bianca au Pays des Kangourous) veut capturer les animaux pour leur valeur marchande

  • Gaston (La Belle et la Bête) veut éliminer la Bête pour pouvair épouser Belle…

Il est intéressant de remarquer que le principal mobile de ces méchants est de l’ordre du pouvoir et que leurs préoccupations sont toujours vénales.

Mais heureusement pour nous, ce sont également des méchants qui peuvent connaitre de grands moments de maladresse (pour notre plus grand bonheur). Ils sont, en général, moins violents que les méchants-destructeurs, mais leurs méthodes sont déloyales, biaisées et ne réussisent qu’à les mettre en situation d’échec. Ce type de méchant est le plus répandu parce qu’il offre une grande liberté d’action aux créateurs de films d’animation. Ils véhiculent l’idée que la méchanceté ne conduit qu’à l’échec et que l’attitude déloyale ne doit pas être adoptée.

 

Les Faux-méchants

(Prince Jean, La reine de Coeur, Crochet…)

princejean.jpg Le Faux-Méchant est méchant avant tout par bêtise et par ignorance : Il n’a pas, comme les méchants-destructeurs, le mal « en lui », mais il se conduit comme tel tout simplement parce qu’il a pris la mauvaise habitude d’être toujours entendu et écouté par tous. Sa méchanceté n’est qu’une « réponse » aux situations ou aux personnages qui les échappent. Ces méchants sont les plus drôles et les plus ridicules de tous.

  •  Le Prince Jean (Robin des Bois) ressemble plus à un enfant gâté qu’à un méchant cruel et sanguinaire. Son assurance, ses maladresses, et ses attitudes enfantines (il suce son pouce à chaque fois qu’il est contrarié), en font un méchant attachant auquel il est facile de s’identifier et dont on peut facilement rire.

  • La Reine de coeur (Alice au Pays des Merveilles) ressemble, elle aussi à une petite fille pourrie-gâtée. Sa méchanceté fait plus figure de mauvaise humeur ; ses actions peuvent tout à fait être comparées à celles des petits enfants coléreux dont les quatre volontés doivent être respectées sous peine de colère.

  • Crochet (Peter Pan) fait lui aussi figure de petit monstre gâté : ses craintes du « crocodile », son désir de s’emparer de la « maman » nous rappellent étrangement notre plus tendre enfance…

Les faux-méchants sont bien souvent des personnages couronnés : une façon peut-être de ridiculiser toute forme d’autorité ou de faire un pied de nez au royalisme ? Toujours est-il que ces faux-méchants couronnés nous renvoient étrangement à nos propres enfants, à nos enfants-rois ; histoire, peut-être, de leur faire comprendre, de façon détournée, que leurs petites colères quotidiennes peuvent vite nous rendre la vie infernale… C’est peut-être aussi pour cela que ces méchants sont souvent eux aussi, très attachants !

Les rôles de méchants dans les films d’animation, ont beaucoup évolué au fil du temps. Cantonnés au départ à n’être que des êtres vils et creux, dont la méchanceté ne s’expliquait pas, ils prennent aujourd’hui une place de choix : leur psychologie devient plus complexe et plus réaliste. Le succés rencontré par les méchants est tel que d’une à deux apparitions au départ, ils font désormais partie intégrante de la trame des films d’animation et sont même souvent le moteur principal qui fait évoluer l’histoire.

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Le Physique des méchants d’animation

Mercredi 3 octobre 2007

Article 4/6 du Dossier de Octobre 2007  

DES PHYSIQUES PARTICULIERS

L’aviez-vous remarqué ? On reconnait toujours le méchant avant même qu’il n’ouvre la bouche.

Le méchant se reconnait tout d’abord par son physique plutôt disgracieux : Ursulla (La petite Sirène), Stromboli (Pinocchio), la Reine de Coeur (Alice au Pays des merveilles) sont gros : un reste de la première génération de films d’animation où les moches étaient forcément méchants. Cette remarque est d’autant plus vraie pour les femmes : La Reine (Blanche-Neige) se transforme en vilaine vieille ; ne parlons pas de Cruella ou de Madame Médusa, toutes deux incarnant le « type » de la femme vulgaire et foncièrement mauvaise, les cheuveux décolorés, la cloppe au bec… à croire que la méchanceté elle-même rend moche !

                                                                                                                    Le Physique des méchants d'animation dans Les Films d'Animation blanche_neige21

Le méchant est donc souvent moche ou gros ; il peut également présenter une anormalité physique, comme Scar (Le Roi Lion), qui a une cicatrice sur le visage, Crochet (Peter Pan), dont le bras est infirme, ou comme la Reine (Blanche-Neige) qui apparaît bossue…  

Et oui, c’est peut-être consternant de l’avouer, mais les films d’animation sont tout de même bourrés d’à-prioris foncièrement ridicules : Si l’on n’est pas beau, grand et fort, on est un « méchant » ! Sur ce point, admettons que seuls Shrek, Fiona et la Bête (La Belle et la Bête) sont des gentils au physique disgracieux !

Néanmoins, le « méchant » n’est pas toujours moche : Gaston est un belâtre, la sorcière dans Blanche-Neige, est une femme bien faite ; mais on peut affirmer que si le méchant n’est pas moche, il est forcément antipathique, de par certains de ses traits, de par son regard ou sa posture. La représentation du statut gentil / méchant est donc avant tout visuelle, les créateurs ont recours de façon systématique à des procédés de caractérisation basiques qui permettent, notamment à l’enfant, de reconnaître immédiatement qui est le gentil et qui est le méchant.

Autre caractéristique : la couleur dominante du méchant est le noir dans toutes ses déclinaisons (gris, violet ou vert-caca) et le rouge (qui renvoie symboliquement à la mort, mais aussi parceque c’est une couleur facilement repérable) ; le méchant vit dans les ténèbres ou dans les recoins : La méchante fée (la Belle au Bois Dormant) vit recluse ; le repère de Gaston (La Belle et la Bête) est un bar miteux mal fréquenté ; Ursulla (La Petite Sirène), occupe le fond de l’océan. Tous ont des visages anguleux, marqués et sombres : des caractéristiques qui permettent à l’enfant de l’identifier dès le départ.

                                                                                                                merlin0 dans Les Films d'Animation

Les voix des méchants sont caractéristiques : sombres, caverneuses, parfois enrouées ; elle tranchent bien souvent avec les voix claires et fluettes des héros ; l’exemple le plus frappant se situe dans la Petite Sirène où l’attribut principal de l’héroïne (sa belle voix) est substitué par Ursulla qui s’en sert, à son tout pour séduire Eric.

Les Seconds Rôles chez les Méchants

Mercredi 3 octobre 2007

Article 5/6 du Dossier de Octobre 2007  

HadèsLES SECONDS RÔLES CHEZ LES MECHANTS

Les méchants agissent rarement seuls, ils sont très souvent aidés par des complices :

  • Hadès se sert de Megara et de Peine et Panique,

  • Jafar se sert de Iago,

  • Prince Jean de Persifleur (Triste Sire),

  • Mac Leach est obéït de Johanna,

  • Skar dispose des hyènes,

Le shéma est toujours le même : le méchant principal dispose de ses accolytes (qui vont souvent par paire) pour l’aider à exécuter leur plan. Le second rôle est sous la coupelle du méchant principal ; il n’en est que l’exécutant et est complètement sous ses ordres. Il est son esclave et le méchant se donne tous les droits sur lui, ce qui donne naissance à de délicieux passages comiques… Tous ces seconds rôles ont un point commun, celui de n’avoir pour unique objectif que de nous faire rire.

On se rappelle des hyènes tentant de poursuivre Simba et renonçant face à des ronces, de Peine et Panique qui échouent à cause de l’arrivée de deux paysans ou bien de Johanna (Bernard et Bianca au pays des Kangourous) qui prend des coups… La crainte de leur maître est telle qu’ils n’avouent pas avoir échoué et coulent tranquillement des jours heureux en attendant le retour de bâton. Entre deux, chacune de leurs apparitions nous tord de rire puisqu’ils se révèlent incapables, la plupart du temps, de mener à bien leur mission.

 

IAGO : UN SECOND RÔLE D’EXCEPTION

Aladdin-06.jpg  Le personnage de Iago (Aladin) est assez atypique et mérite que l’on s’y attarde un peu.  

Si tout le monde s’accorde à dire que le vrai méchant dans Aladin est Jafar, un regard plus avisé aura vite fait de remarquer que Iago tient une place à part entière dans ce duo. Iago ne se contente pas d’être un exécutant : il monte des plans avec son maître ; d’ailleurs, l’idée de marier Jasmine à Jafar ne vient pas de ce dernier : c’est Iago qui lance l’idée, qui, de prime abord, étonne Jafar lui-même. 

Iago est une sorte de mise en abîme de la méchanceté puisque ce dernier aide Jafar et ne subit ses colères que parce qu’il berce lui-même le secrêt espoir de devenir Grand Vizir sous les ordres de Jafar (Une initiation à la politique pour nos enfants ?). D’ailleurs, Iago ne semble pas dépendant de Jafar : il garde son indépendance tout au long des autres épisodes d’Aladin, navigant tour à tour entre les méchants et les gentils, pactisant avec Aladin puis revenant vers Jafar selon le contexte. Ce second rôle tranche avec les seconds rôles habituels : il n’accepte de jouer les sous-fifres que pour mieux servir ses propres intérêts.

Portrait de vos 3 méchants préférés

Mercredi 3 octobre 2007

Article 6/6 du Dossier de Octobre 2007  

Le mois dernier, nous vous avons proposé de voter pour votre méchant préféré. Voici donc le portrait des 3 méchants qui ont eu votre préférence :

Portrait de vos 3 méchants préférés dans Les Films d'Animation photo_740108      Javotte et Anastasie

Ce sont les deux demi-soeurs de Cendrillon. Elles incarnent la jalousie et la rancoeur, plus précisément celle que l’on ressent contre un frère ou une soeur. Javotte et Anastasie représentent la mauvaise éducation : celle faite dans l’excès, dans le vice et dans le culte de l’enfant-roi. Cette éducation est stigmatisée par le physique disgracieux des deux jeunes filles : des pommettes excessivement saillantes, un nez énorme ou pointu, une machoire déformée et des rondeurs inappropriées. En réalité, Javotte et Anastasie ne forment qu’une seule et même personne : leurs répliques vont de pair et se complètent l’une l’autre. Elles sont le pendant de Cendrillon et permettent de mettre en valeur la beauté, la simplicité et la douceur de cette dernière. Classées dans la catégorie des Faux-Méchants, Javotte et Anastasie sont également l’occasion de se moquer le la bourgeoisie auto-suffisante et ridicule, et de remettre en cause une conception éronée de l’amour : celle qui croit que pour le rencontrer, il faut courrir après.

Leurs prénoms : Le prénom Javotte désigne une masse de fer coulé dans laquelle est encastrée une enclume. Quant au prénom Anastasie, il désigne la censure notamment dans la presse (le mot tire probablement son origine du pape Anastase Ier qui a inauguré la censure chrétienne en interdisant certains livres). Le prénom, dans les films d’animation, est toujours un révélateur !

 

scar1.jpg      Scar

C’est l’oncle de Simba (Le Roin Lion). Scar incarne avant tout le mythe des guerres fratricides (entre frères) et la jalousie devant la réussite de l’autre. Scar est aussi le pendant de Mufasa : Mufasa représente l’image du « bon » roi, celui qui respecte ses sujets, le juste ; alors que Scar représente le « mauvais » roi : le despote ou le tyran, dont seule la satisfaction personnelle est en jeu dans sa façon de reigner. Scar représente également la trahison dans un sens quasi-religieux puisque sa trahison fait penser à celle de Juda…

Il est manipulateur : Simba n’est pour lui qu’un moyen de toucher son frère et d’accéder au trône. Méchant-Cupide, ses méthodes sont violentes et expéditives. Néanmoins, Scar ne se « salit » pas les mains pour autant et laisse à ses sous-fifres (les hyiènes) le soin d’exécuter le sale boulot (tuer Simba, par exemple). Calculateur, Scar est un fin stratège. C’est néanmoins un bien piètre comédien, puisque sa prestation auprès de ses nouveaux administrés laisse ceux-ci plutôt dubitatifs. A travers ce personnage, l’enfant comprend le cycle éternel et apprend notament que dans la vie, tout acte a des répercussions. Il est également mis en garde contre les excés de pouvoir : le despotisme, l’intolérance et l’égoïsme.

J’attire votre attention sur la façon particulièrement violente, ce qui reste rare chez Disney, avec laquelle Scar est tué (dévoré par les hiènes). Plusieurs interprétations peuvent être faites sur ce point :

  • La morale de l’histoire est : « respectez le cycle éternel, faute de quoi, vous risquez de mourir » : un message écologique ?

  • La morale de cette histoire  est : « ne faites pas le mal, vous serez sévèrement puni » : un message à caractère quasi-religieux ?

  • La morale de l’histoire est  »une personne mauvaise mérite de mourir » : un message POUR la peine de mort ?

Son prénom : Le mot « scar« , en anglais, signifie « cicatrice« , à l’instar de celle portée par le personnage, mais également à l’instar de celle qu’il laissera à tout jamais dans l’esprit de Simba. Scar est lui-même « marqué » par la vie : physiquement (sa cicatrice), mais aussi mentalement puisque dès le début de l’histoire, il apparait comme un être amer et empli convoitise. 

Merci à Pitouwh pour son interprétation : pitouwh.unblog.fr

Plutôt qu’une référence à Judas avec le fratricide commis par Scar, je pense qu’il faudrait mieux y voir une référence à Abel et Caïn, deux des frères nés d’Adam et Eve et dont le second tua le premier par jalousie… ce qui ressemblerait plus à l’histoire du Roi lion.

Mais il est aussi une autre référence évidente dans ce chef d’oeuvre d’animation : celle au Hamlet de Shakespeare, où Hamlet voit son père tué par son oncle avant que celui-ci ne vole le trône. Hamlet fuit alors son royaume et, quand il y reviendra, ce sera pour se venger de son oncle et le tuer… oui, c’est exactement la même histoire ! (et en plus, dans les deux histoires, le père mort réapparaît à son fils sous la forme d’un fantôme, dans les deux cas pour le pousser à reconquérir sa place).

Merci à vous Pitouwh

 

crochet1.jpg     Le Capitaine Crochet

C’est l’ennemi juré de Peter Pan. Le Capitaine Crochet peut être classé parmis les Faux-Méchants. Il est le pendant de Peter Pan puisqu’il représente (tout comme Scar), la mauvaise façon de gouverner : une façon violente, irrespectueuse, despotique et égoïste, alors que Peter Pan est un chef de file quelque peu directif, certes, mais tout à fait ouvert au changement. C’est la méchanceté de ce capitaine qui met en valeur la gentillesse de Peter. Il représente la « mauvaise » façon d’acquérir les choses (par la force), il est le mauvais fils, celui qui ne trouve pas de maman à sa mesure. Il représente également la punition qui menace lorsque l’on a un mauvais comportement : tout comme nous, nous menaçons nos enfants du « père fouétard » ou de la « bêbête », Crochet sait que le « crocodile » est là et veille à la moindre occasion de le punir. La crainte de Crochet est en totale contradiction avec ses aspirations : il apparait ainsi comme un personnage ridicule et assure les scènes comiques du film.

Le Capitaine Crochet est, lui aussi, un faux-méchant : ses attitudes ne sont qu’une réponse au monde qu’il l’entoure et sa méchanceté est le seul moyen qu’il a trouvé pour que ses quatre volontés soient exécutées.

Son prénom : Il est particulièrement révélateur ; il évoque à la fois sa mutilation physique (la « punition » du crocodile) et son esprit tordu (comme un crochet), une façon peut-être, encore, de sous-entendre que la méchanceté est anormale. C’est néanmoins un « Capitaine », une façon encore de ridiculiser l’autorité.

 

Vous pouvez continuer de voter pour votre méchant préféré !!

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Blanche-Neige : Secrêts de tournage

Mardi 25 septembre 2007

Blanche-Neige : Secrêts de tournage dans Les Films d'Animation blanche-neige-gif-001

Blanche-Neige et les 7 Nains (Snow White) est le premier film d’animation réalisé en 1937 par les studios Disney. C’est Walt Disney lui-même qui en a eu l’idée : il avait visionné dans son enfance, une version muette du film qui l’avait fortement impressionné.

Vous savez peut-être déjà que ce film est inspiré du conte de Jacob et des Frères Grimm. Mais le film regorge de références toutes très différentes :

La scène où Blanche-Neige s’enfuit dans la forêt, après que le chasseur l’ait épargnée est d’inspiration nordique : les animateurs chargés de cette scène étaient eux-mêmes suédois. La scène a certainement été inspirée des gravures de Gustave Doré : les arbres se transforment en monstres qui ressemblent fort aux esprits sylvestres malfaisants que l’on rencontre dans les contes nordiques.

Les fameuses joues rouges de Blanche-Neige : Pendant toute la période de la production du film, on s’est demandé comment donner un peu plus de vie au personnage… c’est au dernier moment, juste avant que le film ne sorte que l’on décida de lui mettre du rouge sur les joues…

C’est avec Blanche Neige et les sept nains que la firme Disney a lancé la pratique des droits dérivés, consistant à percevoir un pourcentage sur l’usage de personnages, et qui représente une des entrées majeures de la société aujourd’hui.

C’est la création de film qui fit apparaitre une grande avancée dans le cinéma : l’utilisation de la caméra multiplane, qui permet de créer un effet de relief.

     blanche_neige024 dans Les Films d'Animation  Les Chiffres :

  • 3 ans de réalisation

  • une équipe de presque 1000 personnes (!)

  • un budget d’1.5 millions de dollards

  • 200 Millions de spectateurs depuis la sortie du film

blanche-neige-gif-022      Les 7 Nains censurés :

L’une des chansons des 7 nains a du être suprimée avant la sortie de film, mais j’ai réussi à vous retrouver les paroles (dure la censure !)

Quand on n’a plus un poil sur le caillou
                  
A quoi bon se faire des cheveux

                  
Parce qu’on n’a pas de cheveux?

                  
Plus besoin de se peigner

                  
Quand on sent qu’elles vont nous faire faux bond

                  
Quand les articulations commencent à grincer

                  
Il faut un peu s’entraîner

                  
                  
Marcher en chantant un air gai

                  
La voix va peut-être craquer

                  
Mais on ne peut pas être parfait

 

bln.jpg      La création des personnages :

Walt Disney lui-même décida des personnes qui allaient « prêter » leur visage aux personnages :

  •     Blanche Neige :  Janet Gaynor, 14 ans         

  •     Le Prince : Doug Fairbanks, 18 ans

  •     La Reine : un mélange de Lady MacBeth et du Grand Méchant Loup. Une beauté parfaite et inquiétante, toute en courbes…

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    Merci à Pitouwh pour son commentaire intéressant : pitouwh.unblog.fr

    - la caméra multiplane ne permet ainsi pas réellement de créer un effet de “relief” mais de “profondeur”, ce qui est légèrement différent. C’était en fait la première fois que l’on utilisait des cellulos, ces feuilles transparentes et plastifiées que l’on empilait et qui permettaient de séparer les divers éléments de l’image comme les personnages, les décors et les “effets spéciaux” (en animation, sont appelés “effets spéciaux” tout ce qui nécessite d’être animé et qui n’est pas vivant, comme un rocher qui tombe, l’eau qui coule, de la fumée,…). Cette décomposition de l’image en cellulos permettait donc de travailler les éléments séparemment et de jouer sur la couleur et la netteté pour créer l’impression de profondeur, le tout étant en suite réuni par la caméra multiplane.

    - en ce qui concerne les visages à l’origine des persos, Disney alla même plus loin puisqu’il fit en premier lieu filmer une version simplifiée de tous ces films en studio, pour calquer son animation sur la performance d’acteurs réels. Il faut se rappeler à quoi ressemblait l’animation à l’époque, son manque de réalisme dans la plupart des cas (hormis Winsor McCay et son dino Gertie). Disney voulait passer à la vitesse supérieure pour ce premier long-métrage d’animation et, s’inspirant du principe de la rotoscopie des frères fleischer (qui consiste à animer un perso en décalquant ses mouvements directement sur l’image d’un acteur filmé), il chercha en fait à comprendre qu’elle était la nature du mouvement grâce à ces versions filmées de ses dessins animés. Ce qui donnera les 10 règles de l’animation disneyenne, règles qui régissent aujourd’hui encore la majorité de l’animation…

    La Belle au Bois Dormant ou la belle défloraison…

    Lundi 17 septembre 2007

    bbd.jpg 

    L’histoire de la Belle au Bois Dormant est, de loin, l’un des films les plus mythiques chez Disney.

    Dans la lignée de Cendrillon ou de Blanche-Neige, il est possible d’interpréter ce chef d’oeuvre d’un point de vue psychanalytique (n’ayez pas peur du mot !).

    L’histoire de la Princesse Aurore, c’est l’histoire de toute jeune fille qui sort de sa chrysalide pour devenir femme, selon un processus initiatique symbolisé par le fuseau sur lequel la jeune fille se pique le doigt d’où sort le sang ; cette scène symbolise l’arrivée de la sexualité :

    • le fuseau, c’est le sexe masculin

    • le sang, c’est la menstruation, mais c’est aussi la défloraison

    • le maléfice correspond à l’interdit posé sur la sexualité

    • le sommeil, c’est la période d’attente avant la maturité sexuelle

    Le Prince Charmant n’est, en fait, qu’un accessoire, la trame du film mettant en scène les diverses phases de la vie d’une femme :

    • l’enfance, l’adolescence et la jeunesse représentée par la princesse,

    • la mère représentant l’âge adulte, la fécondité et la grossesse,

    • la vieillesse incarnée par la fée Carabosse

    bbd3.jpg 

    A ce sujet, La Belle au Bois Dormant est l’un des contes qui décrit le mieux ces phases de la vie en définissant l’adolescence comme une longue période de repos, de concentration sur soi, représentée par le sommeil. 

    Cette longue période de sommeil (elle dure 100 ans !) symbolise en fait toute la période pré-pubertaire : l’enfance, cette période ou l’insouciance est le maître-mot. Cet état amorce la phase de la puberté qui se manifeste par un repli sur soi ; après avoir passé ce stade de latence, vient l’étape de réveil. Celle-ci est exprimée par de la révolte et des conduites addictives : c’est l’adolescence et tous les dangers qu’elle représente (notamment, pour une fille, l’arrivée de la sexualité).

    L’histoire de La Belle au Bois Dormant met en lumière l’une des préoccupations majeures des parents d’une petite fille : freiner l’éclosion de sa maturité, figurée par le sommeil. L’incident de la piqûre est alors perçut comme une punition pour empêcher la jeune fille, pas encore femme, d’avoir accès au désir sexuel, en la plongeant dans un profond sommeil narcissique. Seul le baiser du prince rompt le charme du narcissisme pour les jeunes femmes désireuses de faire l’expérience de nouveaux sentiments. L’éveil provoque alors l’éclosion de la sexualité.

    bbdmchante1.jpg

    « La belle au bois dormant dit qu’une longue période de repos, de contemplation,

    de concentration sur soi, peut conduire et conduit souvent à de grandes réalisations… »

    Sources de cet article : Psychanalyse des Contes de Fées, Bruno BETTELHEIM  

                                            w.gallican.org

    Où en est le cinéma d’animation français ?

    Vendredi 14 septembre 2007

    LE CINEMA D’ANIMATION

    FRANçAIS…

    ça Cartooooooooooooon !!

    Avec le succès de Kirikou et la sorcière, les films d’animation français ont acquis une véritable reconnaissance internationale et se placent aux premier rang européen et troisième mondial. A tel point que le studio américain Walt Disney a recours au talent des dessinateurs français pour réaliser une partie de ses dessins animés.

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    Kirikou et la sorcière (1h10) réalisé en 1998 par Michel Ocelot.

    « Kirikou n’est pas grand, mais il est vaillant ! » En l’espace d’un an, cette chanson a fait le tour du monde et le « vaillant » petit Africain, héros de Kirikou et la sorcière est devenu la mascotte du cinéma d’animation français. Le film a dépassé le million de spectateurs en France et, en vidéo, il a été acheté par trente pays. Ce n’est plus un triomphe, c’est un plébiscite. Tous ces lauriers confirment une embellie du cinéma d’animation français, qu’on avait déjà constatée en matière de séries télévisées, et qui gagne maintenant le long métrage.

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    Une volonté politique

    Le « Plan Image », mis en place par le ministre de la Culture Jack Lang au milieu des années 80 (dans le but de favoriser la production en aidant les studios), porte enfin ses fruits. Aujourd’hui, la France est en première position sur le marché européen du cinéma d’animation (dessin animé, films de marionnettes ou de pâte à modeler). Et en troisième position sur le marché mondial.

    La production télévisuelle française a atteint 375 heures en 1998, faisant reculer les programmes étrangers. Les programmes japonais ont d’ailleurs quasiment disparu de l’offre des chaînes hertziennes. Le Japon, en revanche, est réapparu en force dans le marché du long métrage avec des films de très haute qualité (Porco Rosso, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke).

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    Le Château des singes (1h20) réalisé en 1999 par Jean-François Laguionie.

    Si l’on rapproche le triomphe de Kirikou et la sorcière du succès de quelques films anglais (Les Aventures de Wallace et Gromit) ou américains (Anastasia, Fourmiz, le Prince d’Egypte), on peut affirmer que le monopole des studios Disney a pris fin. Tarzan fait des scores faramineux, mais Disney a vu sa part de marché chuter de 95 % à 55 %. Et cette concurrence est saine parce qu’elle est source d’émulation.

    En France, elle semble avoir stimulé toute la profession. Entre 1990 et 1996, on avait produit tout au plus deux longs métrages : Robinson et compagnie, de Jacques Colombat (1990) et le monde est un grand Chelm, de Albert Hanan Kaminski (1996). Aujourd’hui, l’AFCA (Association française du cinéma d’animation) annonce que près de onze projets ont fait une demande d’avance sur recettes au Centre national du cinéma.

    L’animation française, ce sont 50 entreprises, près de 2 000 emplois, et des compétences reconnues jusqu’aux studios américains. Le studio Disney a créé une filiale à Montreuil, en région parisienne (Walt Disney Animation France), qui emploie 70 % de dessinateurs français et participe de plus en plus aux prestigieux longs métrages du groupe. Pour le Prince d’Egypte, Steven Spielberg est venu recruter des animateurs sortant de l’Ecole des Gobelins, un département de la chambre de commerce de Paris.

    pix_n dans Les Films d'Animation

    Les 3 grands studios français :

    La Fabrique, près de Montpellier : Elle a été fondée par Jean-François Laguionie, un disciple de Paul Grimault (l’auteur du fameux le Roi et l’Oiseau, Prix Delluc 1980). Elle fait aujourd’hui partie d’un groupement européen qui produit des séries haut de gamme. 

    Folimage, à Valence : Elle a été créée à la fin des années 70 par Jacques-Rémy Girerd, passionné de modelage, qui

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    Princes et princesses (1h10) réalisé en 1999 par Michel Ocelot.

    débute en réalisant des de petits films destinés aux maternelles. C’est en 1984 qu’il se lance dans la production pour la télévision.

    Le Pôle Image, à Angoulème : Le troisième centre vital de l’animation française se situe dans la capitale de la bande dessinée.  200 professionnels de l’animation s’y sont regroupés avec pour but de créer des passerelles entre la BD, le dessin animé, le jeu vidéo… C’est ici, qu’a été produit Kirikou et la sorcière. 

     

     

     

    Cendrillon, ou l’art de devenir une vraie femme

    Jeudi 30 août 2007

    ATTENTION : L’interprétation suivante est destinée aux personnes averties.

    Cendrillon
     
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    L’histoire de Cendrillon semble être bâtie autour des angoisses et des espoirs qui forment le contenu essentiel de la rivalite fraternelle et autour de l’héroïne triomphant de ses soeurs qui l’ont rabaissée ; d’ailleurs, l’expression « vivre parmi les cendres » s’appliquait symboliquement à celui ou à celle qui occupait une position très inférieure par rapport à ses frères et soeurs.
     

    L’histoire de Cendrillon traduit parfaitement les expériences vécues par le jeune enfant en proie à la rivalité fraternelle : Cendrillon est écrasée et avilie par ses demi-soeurs; sa (belle-) mère la sacrifie pour elles et exige d’elle les corvées les plus sales, et bien qu’elle les accomplisse parfaitement, on ne reconnaît pas ses mérites  : c’est ce que ressent l’enfant quand il est ravagé par les supplices de la rivalité fraternelle. Cendrillon séduit tout autant, ou presque, les garçons que les filles parce que les enfants des deux sexes souffrent de la rivalité fraternelle et ont le même désir d’échapper à leur position inférieure et de surpasser ceux qui semblent supérieurs à eux.
     

    Par ailleurs, Cendrillon représente l’enfant pré-pubertaire qui n’a pas encore refoulé son désir d’être sale et qui n’a pas encore pris en aversion les petits animaux furtifs (comme les souris), et qui a encore la faculté de voir ce que les adultes ne voient plus (la citrouille est pour elle un carrosse). Les souris et les rats hantent les endroits sombres et sales et volent les denrées. Inconsciemment ils éveillent également des associations phalliques, présageant l’arrivée de l’intérêt et de la maturité sexuels. En dehors de ces rapprochements phalliques, le fait de transformer ces animaux inférieurs, et même répugnants, en chevaux, en cocher et en laquais, représente une sublimation.

                                                       Cendrillon, ou l'art de devenir une vraie femme dans Les Films d'Animation cendrillon%20(11)  
     

    Ces détails font voir qu’au cours de son stade inférieur, Cendrillon avait peut-être des préoccupations phalliques; ils semblent montrer que cet intérêt pour la saleté et pour les emblèmes phalliques doit être sublimé tandis qu’elle évolue vers la maturité, autrement dit, qu’elle se prépare à accueillir le Prince. 

                                                                           cendrillon%20(26) dans Les Films d'Animation 

    En fuyant le prince, Cendrillon montre qu’elle veut être choisie pour ce qu’elle est vraiment et non pour ses atours somptueux. Elle n’appartiendra à son amant que si, l’ayant vue dans son état de dégradation, il n’en continue pas moins de la désirer. Le fait de supplier pour aller au bal et d’ensuite s’en enfuir symbolisent l’ambivalence de la jeune fille qui veut s’engager personnellement et sexuellement et qui, en même temps, a peur de le faire. 

    Ce n’est sans doute pas par hasard que Cendrillon est chaussée de pantoufles de verre… Un petit réceptacle où une partie du corps peut se glisser et être tenue serrée peut être considéré comme le symbole du vagin. Et s’il est fait d’une matière fragile qui peut se briser si on la force, on pense aussitôt à l’hymen; et un objet qui se perd facilement à la fin d’un bal, au moment où l’amant essaie de s’emparer de sa bien-aimée, peut passer pour une image assez juste de la virginité, particulièrement quand l’homme dresse un piège pour s’en emparer. En fuyant, Cendrillon semble faire un effort pour protéger sa virginité.
                                                                      cendr.jpg

    A la fin du film, on sent que la scène de la pantoufle symbolise la conclusion des fiançailles, et que Cendrillon est une fiancée vierge :  Tous les enfants savent que le mariage est lié au sexe.  

    Le prince, en lui présentant la pantoufle, lui fait posséder vraiment à la fois la pantoufle et le royaume. Il lui offre symboliquement sa féminité sous la forme de la pantoufle d’or-vagin : l’acceptation par l’homme du vagin et de l’amour qu’il éprouve pour la femme est l’ultime validation, par l’homme, du caractère désirable de sa féminité.
     

    Mais personne, pas même un prince de conte de fées, ne peut forcer une femme à accepter sa féminité; seule Cendrillon, finalement, peut le faire, aidée toutefois par l’amour du prince. Voilà donc là la signification profonde des successifs essayages de la pantoufle par les jeunes filles de la maison.  

    Au cours de la cérémonie de la pantoufle, qui cèle les fiançailles de Cendrillon et du prince, celui-ci la choisit parce que d’une manière symbolique, elle est la femme non castrée qui le soulage de son angoisse de castration qui empêcherait les relations conjugales d’être pleinement heureuses. Elle le choisit parce qu’il l’apprécie sous ses aspects sexuels « sales », parce qu’il accepte amoureusement son vagin représenté par la pantoufle, et parce qu’il approuve son désir du pénis, symbolisé par le petit pied qui se loge à l’aise dans la pantoufle-vagin.

                                                                            cendrillon 
     

    C’est pourquoi le prince apporte la pantoufle à Cendrillon et c’est pourquoi elle y glisse son petit pied c’est en faisant cela qu’elle se reconnaît pour l’épouse qui convient au prince. Mais en enfonçant son pied dans la pantoufle, elle affirme également qu’elle jouera, elle aussi, un rôle actif dans leurs rapports sexuels. Et elle donne aussi l’assurance qu’il ne lui manque, et qu’il ne lui manquera jamais rien; elle possède tout ce qui convient au prince, de même que son pied convient parfaitement à la pantoufle.
     

    Cendrillon détaille les étapes du développement de la personnalité indispensables à l’accomplissement de soi, et les présente à la manière des contes de fées, de telle sorte que n’importe qui peut comprendre ce qu’il doit faire pour devenir un être humain accompli.
     

    Cendrillon guide l’enfant depuis ses plus grandes déceptions (les désillusions oedipiennes, l’angoisse de castration, la mauvaise opinion qu’il a de lui-même, calquée sur celle qu’il prête aux autres… ) jusqu’au moment où il développe son autonomie, où il devient sérieux dans son travail et où il atteint son identité positive. Cendrillon, à la fin de l’histoire, est effectivement prête à vivre un heureux mariage. Mais aime-t-elle le prince ? L’histoire ne le dit nulle part. Mais qu’a Cendrillon encore à apprendre? Quelles autres expériences sont nécessaires pour montrer à l’enfant ce qu’est le véritable amour ?

    Sources de cet article : Bibliothèque Municipale de Lyon et Psychanalyse des Contes de fées, Bruno BETTELHEIM

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