D’un point de vue critique…

Article 3/6 du Dossier de Décembre 2007   

LES SUITES DE FILMS

Disney perd peu à peu son monopole dans le monde de l’animation et remet en question les codes de fabrication de ses longs-métrages (absence de chansons, abandon de l’univers des contes de fées…) qui sont de moins en moins attachés aux valeurs de 1937… 

Bien sûr, il y a de la musique, de l’humour, une ligne directrice de l’histoire qui se veut très Disnéenne (la poursuite d’un rêve, de l’amour, des amis, un méchant, des larmes, des rires) ; mais tout cela est hélas mal agencé et le résultat escompté n’est pas obtenu : les musiques ne donnent pas envie d’être fredonnées, l’humour n’est pas drôle, les scènes tristes ne sont pas tristes.

Pourquoi ? Parce qu’on tombe dans l’excès, dans le stéréotype, il y a trop de clichés tandis que la qualité n’est pas au rendez-vous car un Disney c’est avant tout un équilibre très fragile qui permet d’obtenir la perfection : Il est très difficile de réunir autant de scènes variées, empreintes tantôt d’humour, puis de dramatisme ou encore de tendresse dans un film qui dépasse à peine la barre des 60 minutes. Bref, là où on passait autrefois des dizaines d’années sur un projet pour atteindre la perfection (La Belle et le Clochard est mis au goût du jour dès 1936 mais ne sortira sur les écrans qu’en 1953), aujourd’hui on met des dizaines de projets en route en s’imposant des courts délais.

RESULTAT :

La sauce ne peut pas prendre avec une contrainte de temps aussi draconienne et un manque total de motivation de l’équipe responsable du projet, celle-ci étant bercée par les dollars et non par la verve artistique !

UN BEMOL :

D'un point de vue critique...  dans Les Films d'Animation toys_story   54575 dans Les Films d'Animation

Certaines suites ont l’honneur du grand écran, à l’image de Toy Story 2 ou de Peter Pan 2. C’est bien que Disney se doute de la qualité des films que la firme réserve au seul marché vidéo… Reste à savoir pourquoi Disney semble se saboter sciemment. Il est évident que l’hommage prétendu aux oeuvres originales n’est qu’un prétexte factice : les seules lois du marketing sont à l’origine de tout cela. Car si la firme ne peut être totalement dupe quant à la qualité de ces pâles copies, elle reste confiante quant à la clientèle qu’elle saura toucher : les familles peu exigeantes. Les grands retrouvant (ou plutôt, étant censés retrouver) les héros ayant bercé leur enfance ; les plus jeunes découvrant des contes inédits, aux situations téléphonées et à l’humour facile. Le tout est de savoir jusqu’à quand ce public sera aveugle, car le retour de bâton risque d’être plus rude qu’on ne le pense pour la firme. Le bouche-à-oreille mènera alors tout naturellement le grand public vers des oeuvres plus soignées, via les studios DreamWorks ou la Fox Animation…

DVD Movie ne mache pas ses mots et qualifie de nombreuses suites d’ »insipides« . « Plus je vois toutes ces suites Disney, moins elles me divertissent et même m’intéressent », avoue ainsi Colin JACOBSON. « Je peux admettre que des efforts aient été portés sur Le Roi Lion 2 et Pocahontas 2, sans que ces suites soient transcendantes, mais je les trouvais infiniment plus divertissantes que Cendrillon 2 et ce Bossu 2. Il y a énormément de talent chez Disney, mais tout cela se trouve anéanti et balayé par ces projets sans âme ». 

Un exemple assasiné par les critiques : Cendrillon 2

208_5513La critique américaine est assassine pour « cette pathétique séquelle » (selon ses propres termes). Christopher NULL, de Film Critic, dit ainsi : « ‘La magie n’a pas pris fin à minuit ! Nous prévenait le dossier de presse de Cendrillon 2. Mais je peux vous dire à présent qu’il n’y a pas que la magie qui se soit arrêtée à minuit, elle a pris fin il y a 52 ans, quand la Cendrillon originale rentrait chez elle avec sa citrouille… Les histoires de cette suite sont sans intérêt. Les chansons sont regrettables. Et pire que tout, l’animation est atroce. Le film semble être l’objet d’un pari, ou d’une blague, peut-être des deux. Ne regardez pas ce film, et ne dites même pas à vos enfants qu’il existe ». C’est assez révélateur de la qualité de l’OAV en question !

De son côté, le mag Ciné Live s’interroge sur les nouveautés apportées par ce g_D2710777second opus. « Pas grand-chose sous le soleil de son Altesse, sinon que la magie d’antan et la perfection de l’animation du modèle sont aujourd’hui aux abonnés absents (…). Seuls les plus petits, ceux qui n’ont pas encore vu l’original de 1950, n’y verront que du feu ». Non, ce n’est pas une raison valable. Moult films nous ont prouvé que le jeune public était également soucieux d’un certain niveau de qualité. Le Petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles, malgré ses innombrables suites, captive et fascine bien plus que ce genre de séquelle fait par-dessus la jambe. Le pire étant qu’on se doute qu’un minimum d’efforts est mobilisé pour mener à bien ces projets (animateurs débutants ou confirmés qui, dans l’urgence, délèguent et sous-traitent l’animation du film, et il semble en être de même pour les scénaristes !).

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Une réponse à “D’un point de vue critique…”

  1. pitouwh dit :

    Moi je trouve que les suites du Petit Dinosaure sont carrément merdiques à côté de l’original, sur tous les plans. J’avais vu les 2 et 3 à l’époque de leur sortie, j’étais donc encore assez ch’tiot et malgré cela je les avais déjà trouvé nulles. Faut dire que c’est dur de passer derrière Don Bluth.

    Tiens ! Encore un sujet pour un article ou un dossier : Don Bluth, un génie méconnu de l’animation américaine qui, en marge du studio Disney à l’époque de son hégémonie, réalisait des films géniaux que l’on connait tous : Le Petit Dinosaure, Brisby et le secret de Nimh, Rock-o-Rico, Charlie, Fievel,… jusqu’au (trop) novateur Titan A.E qui lui retira tout crédit auprès des financiers hollywoodiens. Dommage…

    REPONSE DU WEBMASTER :
    On est bien d’accord, Pitouwh, les suites du Petit Dinosaure sont merdiques… Je voulais surtout préciser que le Petit Dinosaure, qui a souvent été relégué comme étant un petit film d’animation de qualité très moyenne, vaut, à mon goût un Cendrillon 2…

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