Le Physique des méchants d’animation

Article 4/6 du Dossier de Octobre 2007  

DES PHYSIQUES PARTICULIERS

L’aviez-vous remarqué ? On reconnait toujours le méchant avant même qu’il n’ouvre la bouche.

Le méchant se reconnait tout d’abord par son physique plutôt disgracieux : Ursulla (La petite Sirène), Stromboli (Pinocchio), la Reine de Coeur (Alice au Pays des merveilles) sont gros : un reste de la première génération de films d’animation où les moches étaient forcément méchants. Cette remarque est d’autant plus vraie pour les femmes : La Reine (Blanche-Neige) se transforme en vilaine vieille ; ne parlons pas de Cruella ou de Madame Médusa, toutes deux incarnant le « type » de la femme vulgaire et foncièrement mauvaise, les cheuveux décolorés, la cloppe au bec… à croire que la méchanceté elle-même rend moche !

                                                                                                                    Le Physique des méchants d'animation dans Les Films d'Animation blanche_neige21

Le méchant est donc souvent moche ou gros ; il peut également présenter une anormalité physique, comme Scar (Le Roi Lion), qui a une cicatrice sur le visage, Crochet (Peter Pan), dont le bras est infirme, ou comme la Reine (Blanche-Neige) qui apparaît bossue…  

Et oui, c’est peut-être consternant de l’avouer, mais les films d’animation sont tout de même bourrés d’à-prioris foncièrement ridicules : Si l’on n’est pas beau, grand et fort, on est un « méchant » ! Sur ce point, admettons que seuls Shrek, Fiona et la Bête (La Belle et la Bête) sont des gentils au physique disgracieux !

Néanmoins, le « méchant » n’est pas toujours moche : Gaston est un belâtre, la sorcière dans Blanche-Neige, est une femme bien faite ; mais on peut affirmer que si le méchant n’est pas moche, il est forcément antipathique, de par certains de ses traits, de par son regard ou sa posture. La représentation du statut gentil / méchant est donc avant tout visuelle, les créateurs ont recours de façon systématique à des procédés de caractérisation basiques qui permettent, notamment à l’enfant, de reconnaître immédiatement qui est le gentil et qui est le méchant.

Autre caractéristique : la couleur dominante du méchant est le noir dans toutes ses déclinaisons (gris, violet ou vert-caca) et le rouge (qui renvoie symboliquement à la mort, mais aussi parceque c’est une couleur facilement repérable) ; le méchant vit dans les ténèbres ou dans les recoins : La méchante fée (la Belle au Bois Dormant) vit recluse ; le repère de Gaston (La Belle et la Bête) est un bar miteux mal fréquenté ; Ursulla (La Petite Sirène), occupe le fond de l’océan. Tous ont des visages anguleux, marqués et sombres : des caractéristiques qui permettent à l’enfant de l’identifier dès le départ.

                                                                                                                merlin0 dans Les Films d'Animation

Les voix des méchants sont caractéristiques : sombres, caverneuses, parfois enrouées ; elle tranchent bien souvent avec les voix claires et fluettes des héros ; l’exemple le plus frappant se situe dans la Petite Sirène où l’attribut principal de l’héroïne (sa belle voix) est substitué par Ursulla qui s’en sert, à son tout pour séduire Eric.

4 Réponses à “Le Physique des méchants d’animation”

  1. cecile dit :

    il n’a que dans les dessins aminés qu’on reconnait les méchants de suite car dans la vie c’est différent : ils savent bien cacher ce côté-la et c’est après que l’on se rend compte de la cruauté des autres

  2. cressent dit :

    C’est vrai pourquoi il y a tout le temps des méchants dans presque tous les Disney ?

  3. pitouwh dit :

    Parce que s’il n’y a pas de méchant, il n’y a pas d’histoire. C’est un peu simpliste, mais c’est comme ça. En plus d’être ou d’amener l’élément perturbateur (un composant essentiel dans toutes constructions d’histoires), un méchant est aussi un ennemi que l’on peut affronter, que l’on peut vaincre. Parce qu’il faut que les gentils gagnent à la fin, on a été habitué à cela.
    Pour qu’il y ait une histoire et qu’elle tienne la route vis-à-vis de la conception que l’on en a, il faut donc qu’il y ait un/des gentil(s), un/des méchant(s) et un « conflit » entre les deux camps.

    Dernière publication sur The Geek Show : Critique ciné : Cry Macho

  4. fanny dit :

    Je ne sais pas si un commentaire similaire a déjà été posté mais Shrek n’est absolument pas un Disney. Même le film Sherk se moque de Disney : le héros est comme tu (ou vous …) l’as dit : moche , Prince Charmant est beau mais pitoyable et trop lisse au niveau beauté !
    Il y a des scènes particulièrement remarquables sur la moquerie : le parc d’attraction de Sherk 1 est ressemblant au parc Disney, il y a des personne déguisées selon le thème du parc : sauf qu’il n’y a personne !

    Réponse du webmaster : La remarque m’a, effectivement, déjà été faite : Shrek n’est ABSOLUMENT pas un Disney !!!!! Désolée pour cet impair impardonnable !

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