Le Roi et l’Oiseau

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Le Roi et l’Oiseau est un dessin animé français créé par Paul Grimault, avec des textes de Jacques Prévert d’après La Bergère et le Ramoneur de Hans Christian Andersen, et sorti au cinéma le 19 mars 1980.

Ce film a connu une première vie sous le titre : La Bergère et le Ramoneur sorti en 1953, avec un montage différent, imposé par la production et désavoué par les deux auteurs. En 1966, Paul Grimault récupère les droits et les négatifs du film qui durait 62 minutes, puis redessine les scènes existantes, tourne de nouvelles séquences et le remonte entièrement pour donner Le Roi et l’Oiseau (87 minutes).

Les voix de La Bergère et le Ramoneur ainsi que la musique de Joseph Kosma n’ont pas été utilisées pour Le Roi et l’Oiseau, seuls quelques extraits musicaux de Kosma ont été repris.

L’Histoire :

Le roi est un tyran qui gouverne le royaume de Takicardie. Ce roi est amoureux d’une charmante bergère, mais le cœur de la jeune fille est pris par un petitramoneur « de rien du tout » (ces deux personnages sont sortis de tableaux présents dans la chambre royale). Grâce à l’aide d’un oiseau, qui a l’habitude de narguer le roi, ceux-ci arrivent à s’enfuir du palais royal, poursuivis par la police. Le film évoque cette poursuite avec poésie et douceur.

Voici un petit extrait de la scène des déclarations d’amour : Image de prévisualisation YouTube

Interprétation :  

Ce film est aussi un hymne contre le totalitarisme et si on le regarde attentivement, on peut y relever des allusions au nazisme et au stalinisme (culte de la personnalité). Il reprend des thèmes chers à Jacques Prévert, tels que la liberté et l’amour.

Le roi est un personnage méprisable, colérique et terriblement égocentrique: il a le droit de vie ou de mort sur ses sujets, tous ses proches collaborateurs lui obéissent aveuglément et il est entouré d’incompétents et d’imbéciles.

Le film dépeint une monarchie absolue ou une tyrannie.

Ce film fait aussi largement référence au thème de l’art au service de la propagande. Les nombreuses «œuvres d’art» (sculptures, peintures, monuments gigantesques) à l’effigie du roi sont si nombreuses et grotesques que tous ces objets ne possèdent plus en quelque sorte l’attribut d’être de l’art, n’étant seulement que de la pure propagande. Il y a une scène particulière où le roi, regardant au travers d’une fenêtre, voit une représentation de lui armé d’une lance et tuant un gigantesque rhinocéros. L’objet véhicule un mensonge, à savoir qu’il représente le souverain comme un puissant guerrier et chasseur. Ce genre de représentation existait dans le Proche-orient ancien, en Mésopotamie, sous certaines dynasties.

La cité de Takicardie est un mélange harmonieux de monuments de divers époques.

Les objets d’art prennent vie dans le film, ce qui contribue à renchérir son propos et sa poésie. Ce n’est pas explicitement suggéré dans le film, mais il est possible que l’oiseau et ses oisillons, au même titre que la bergère et le ramoneur, aient été à l’origine les personnages d’un tableau.

Fiche Technique :

  • Réalisation : Paul Grimault
  • Scénario : Jacques Prévert et Paul Grimault, d’après La bergère et le ramoneur de Hans Christian Andersen ; dialogues de Jacques Prévert
  • Production : Les Films Grimault, Les Films Gibé, Antenne 2
  • Musique : Wojciech Kilar, interpretée par le Grand Orchestre Symphonique de la Télévision Polonaise de Katowice sous la direction de Stanislaw Wisloki
    • Les chansons extraites du film La Bergère et le Ramoneur paroles de Jacques Prévert ont été composées par Joseph Kosma chantées par Jacques Jansen, Eric Amado, Jean Martin éditions Enoch et Cie
  • Durée : 87 minutes (1 h 27)

Autour du Film :  

  • Ce film fourmille de références :
    • la « ville basse » ressemble à celle de Metropolis de Fritz Lang
    • le travail à la chaîne fait penser aux Temps Modernes de Charles Chaplin
    • certains décors évoquent les peintures de Giorgio de Chirico
    • les jeux de trappes rappellent la trappe d’Ubu d’Alfred Jarry
  • Le film est dédié à Jacques Prévert, mort en 1977. Lors de la première projection, Paul Grimault avait réservé une place à côté de lui, pour Jacques Prévert.
  • Il a réuni 1,7 million de spectateurs au cinéma en 1980.

Récompenses :

  • 1952 : La Bergère et le Ramoneur a été primé à Venise en septembre 1952.
  • 1979 : Prix Louis-Delluc 1979, décerné en décembre alors qu’il n’était pas encore sorti en salles.
  • 2004 : Prix spécial du Jury DVD au Festival de Cannes 2004.

Restauration :

Il a été restauré par StudioCanal, puis présenté en projection numérique haute définition au Festival de Cannes 2003. 

7 Réponses à “Le Roi et l’Oiseau”

  1. cecile dit :

    Alors trop fort ! Je me rapelle j’etais toute petite quand je l’ai vu pour la première fois et oui les rares moments où on allait au cinema avec les parents….
    Le tout premier film d’animation que j’ai vu est Robin des Bois : on avait la chance de pouvoir aller au cinéma, nous, et ce sont des bons souvenirs merci de me les rappeller

  2. MrBark dit :

    je suis particulièrement admiratif de la lucidité d’esprit dont vous faites preuve ;)

  3. MrBark dit :

    j’ai parcouru quelques unes des pages de votre blog et j’adore ;)

  4. MrBark dit :

    quelle facilité! ;) je suis vraiment un admirateur ;)

  5. pauline dit :

    Cet article ne fait pas vraiment d’analyse du film, il ne fait que le paraphraser!
    De plus il y des fautes: « de divers époques » => « de DIVERSES époques »

  6. cadou dit :

    et bien faites mieux !

  7. Al dit :

    Le film n’est pas vraiment analysé. C’est surtout l’aspect technique qui est évoqué quoique le mode de vie du Roi qui rappelle le nazisme et les régimes dictatoriaux est très bien évoqué ici. Mais il faut se rappeler aussi qu’à la base, La bergère et le ramoneur est un conte d’Andersen: deux jouets de porcelaine amoureux, un vieux chinois qui prétend être le grand-père de la bergère qui pense qu’elle devrait épouser un riche satyre (qui ici est devenu le Roi: quelle diabolisation des hommes!). Quant à l’oiseau, c’est un personnage inventé par le réalisateur et pour moi, il représente la révolution face à un pouvoir qui a abusé de son autorité et qui se préoccupe plus de sa gloire personnelle que du bien de ses sujets. De plus, il y a l’opposition entre les riches d’en-haut et la Ville Basse où se trouve les pauvres qui sont condamnés à travailler dans les usines mais uniquement pour l’art au service de la propagande et cela dans les pires conditions et tout en restant dans la pire misère. C’est vraiment un très beau dessin-animé.

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